dimanche, 11 novembre 2007
Jean Blanchard, martyr de Vingré
Jugé avec 23 autres soldats pour avoir reculé devant l'ennemi, Jean Blanchard a été fusillé à Vingré le 4 décembre 1914. Il avait trente-quatre ans. Il a écrit cette lettre à son épouse Michelle la veille de son exécution. Il a été réhabilité le 29 janvier 1921.
3 décembre 1914, 11 heures 30 du soir
Ma chère Bien-aimée, c'est dans une grande détresse que je me mets à t'écrire et si Dieu et la Sainte Vierge ne me viennent en aide c'est pour la dernière fois, je suis dans une telle détresse et une telle douleur que je ne sais trouver tout ce que je voudrais pouvoir te dire et je vois d'ici quand tu vas lire ces lignes tout ce que tu vas souffrir ma pauvre amie qui m'es si chère, pardonne-moi tout ce que tu vas souffrir par moi. Je serais dans le désespoir complet si je n'avais la foi et la religion pour me soutenir dans ce moment si terrible pour moi. Car je suis dans la position la plus terrible qui puisse exister pour moi car je n'ai plus longtemps à vivre à moins que Dieu par un miracle de sa bonté ne me vienne en aide. Je vais tâcher en quelques mots de te dire ma situation mais je ne sais si je pourrai, je ne m'en sens guère le courage. Le 27 novembre, à la nuit, étant dans une tranchée face à l'ennemi, les Allemands nous ont surpris, et ont jeté la panique parmi nous, dans notre tranchée, nous nous sommes retirés dans une tranchée arrière, et nous sommes retournés reprendre nos places presque aussitôt, résultat: une dizaine de prisonniers à la compagnie dont un à mon escouade, pour cette faute nous avons passé aujourd'hui soir l'escouade (vingt-quatre hommes) au conseil de guerre et hélas! nous sommes six pour payer pour tous, je ne puis t'en expliquer davantage ma chère amie, je souffre trop, l'ami Darlet pourra mieux t'expliquer, j'ai la conscience tranquille et me soumets entièrement à la volonté de Dieu qui le veut ainsi; c'est ce qui me donne la force de pouvoir t'écrire ces mots, ma chère bien-aimée, qui m'as rendu si heureux le temps que j'ai passé près de toi, et dont j'avais tant d'espoir de retrouver. Le 1er décembre au matin on nous a fait déposer sur ce qui s'était passé, et quand j'ai vu l'accusation qui était portée contre nous et dont personne ne pouvait se douter, j'ai pleuré une partie de la journée et n'ai pas eu la force de t'écrire, le lendemain je n'ai pu te faire qu'une carte; ce Notre-Dame de Fourvière à qui j'avais promis que nous irions tous les deux en pèlerinage, que nous ferions la communion dans notre église et que nous donnerions cinq francs pour l'achèvement de sa basilique, Notre-Dame de Lourdes que j'avais promis d'aller prier avec toi au prochain pèlerinage dans son église pour demander à Dieu la grâce de persévérer dans la vie de bon chrétien que je me proposais que nous mènerions tous les deux ensemble si je retournais près de toi, ne nous abandonneront pas et si elles ne m'exaucent pas en cette vie, j'espère qu'elles m'exauceront en l'autre. Pardonne-moi tout ce que tu vas souffrir par moi, ma bien-aimée, toi que j'ai de plus cher sur la terre, toi que j'aurais voulu rendre si heureuse en vivant chrétiennement ensemble si j'étais retourné près de toi, sois bien courageuse, pratique bien la religion, va souvent à la communion, c'est là que tu trouveras le plus de consolation et le plus de force pour supporter cette cruelle épreuve. Oh ! si je n'avais cette foi en Dieu en quel désespoir je serais! Lui seul me donne la force de pouvoir écrire ces pages. Oh ! bénis soient mes parents qui m'ont appris à la connaître ! Mes pauvres parents, ma pauvre mère, mon pauvre père, que vont-ils devenir quand ils vont apprendre ce que je suis devenu ? Ô ma bien-aimée, ma chère Michelle, prends-en bien soin de mes pauvres parents tant qu'ils seront de ce monde, sois leur consolation et leur soutien dans leur douleur, je te les laisse à tes bons soins, dis-leur bien que je n'ai pas mérité cette punition si dure et que nous nous retrouverons tous en l'autre monde, assiste-les à leurs derniers moments et Dieu t'en récompenseras, demande pardon pour moi à tes bons parents de la peine qu'ils vont éprouver par moi, dis-leur bien que je les aimais beaucoup et qu'ils ne m'oublient pas dans leurs prières, que j'étais heureux d'être devenu leur fils et de pouvoir les soutenir et en avoir soin sur leurs vieux jours mais puisque Dieu en a jugé autrement, que sa volonté soit faite et non la mienne. Au revoir là-haut, ma chère épouse.
Jean
Jean Blanchard apparaît toujours comme fusillé sur le site du Mémorial.

"Maudite soit la guerre et ses auteurs !" est l'épitaphe du monument aux morts de Saint Martin Destreaux. Le livre de Léon Schirmann "Été 1914 : Mensonges et Désinformation - Comment on vend une guerre" donne un éclairage nouveau des responsabilités qui ont engendré le premier conflit mondial, sans lequel il n'y aurait certainement pas eu de deuxième guerre mondiale en Europe. La France et l'Allemagne représentaient les 2/3 de l'économie mondiale en 1914, elle n'en totaliseront même plus un tiers après. Léon Schirmann nous fait prendre conscience que le premier conflit mondial a été l'holocauste républicain auquel ont travaillé et aspiré les dirigeants politiques français depuis 1870. L'expression des "hussards noirs" est significative.
11:10 Publié dans Témoignage chrétien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, patrie, europe, politique, réflexion, spiritualité, foi
Victimes de guerre
Né le 4 juin 1891 à Ampuis (Rhône), fils unique de Joannès et Marie Antoinette née Colombet, employé à la recette des finances de Vienne (Isère), engagé volontaire pour 3 ans le 4 juin 1909 au 99e RI, caporal le 5 octobre 1909, sergent le 28 septembre 1910, rengagé au 98e RI de Roanne le 15 décembre 1911, chef de la 3e section de mitrailleuses lors du déclenchement de la 1ere guerre mondiale, promu au feu "sous-lieutenant à titre temporaire" le 17 septembre 1914, fait prisonnier le 7 octobre en défendant le bois des Loges, commune de Beuvraignes (Somme), évadé, grièvement blessé à une jambe, rentré dans les lignes françaises le 9 octobre, accusé par son chef de corps de "capitulation en rase campagne", fusillé pour l'exemple le 11 octobre ligoté à son brancard dans la cour du chateau des Loges, jamais réhabilité malgré les démarches de ses parents et les campagnes de Ligue des Droits de l'Homme pendant les années vingts et trentes.
11:00 Publié dans Pensée politique européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, patrie, europe, politique, réflexion, spiritualité, foi
jeudi, 01 novembre 2007
Chant cartusien
Pour une découverte des chants cartusiens : cliquer ici
22:33 Publié dans Culture chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, christianisme, religion, spiritualité, foi, chartreux
Toussaint
Texte d'un bulletin paroissial de Notre Dame de l'Espérance à Grenoble (N°39 du 20 octobre)
Une foule immense
L'Eglise s'efforce de dissocier la fête des Saints, le 1° novembre, de la Commémoration des défunts le 2 novembre : peine perdue ! Et pour cause, c'est le jour de la Toussaint que les familles iront fleurir leurs tombres parce que c'est jour férié ; la nature se colore de toutes les nuances de feuilels mortes et invite à méditer sur la mort ; enfin et surtou, nous voulons croire les uns et les autre, que nos morts sont des saints vivants près de Dieu.
Nous avons probablement raison : l'Eglise s'étonne aujourd'hui que presque la totalité des Saints canonisés soient des religieux, comme si la vie consacrée éait la seule voie normale vers la sainteté. Or, qu'est-ce qu'un saint, sinon un pécheur pardonné et sanctifié (2 Cor, 1, 1) ?
La Toussaint célèbre donc tous les saints inconnus, obscurs, anonymes : tous les paps, les mamans, les enfants d'avant ou après Jésus-Christ, escalves, paysans, soldats de toutes les nations, de toutes les civilisations, qui ont vécu humblement leur vie au service de leur famille ou de leur nation : 45 milliards d'êtres humains depuis l'origine de l'humanité, c'est le nombre proposé par les scientifiques. Ils seraient, approximativement, autant avant que après Jésus Christ. Tous étaient des créatures de Dieu, animés par l'esprit de Dieu qui souffle où il veut.
Sainteté est synonyme de Bonheur. Dieu nous appelle à la sainteté parce qu'il veut notre bonheur. La sainteté est l'unique voie du bonheur : l'Evangile de la Toussaint, évangile des Béatitudes nous indique donc le chemin du bonheur et de la Sainteté. C'est un chemin escarpé : il n'y a pas de croissance physique, ni intellectuelle, ni spirituelle sans souffrances (1) que viennent multiplier les dégradations du péché...
"Tous ces gens, vétus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? ... Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements , ils sont purifiés dans le sang de l'Agneau."
Père Pierre Carret.
(1) Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : " Ce petit trait de mon enfance est le résumé de toute ma vie ; plus tard lorsque la perfection m'est apparue, j'ai compris que pour devenir une sainte il fallait beaucoup souffrir, rechercher toujours le plus parfait et s'oublier soi-même ;" "Histoire d'une âme" manuscrit A chapitre 1
08:00 Publié dans Culture chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, christianisme, religion, foi, spiritualité, eglise
dimanche, 28 octobre 2007
Maximilen Marie Kolbe
"Un jour de 1915, à Rome, un homme d'âge mûr vocifère devant frère Maximilien Kolbe contre le Pape et l'Église. Le jeune franciscain engage la discussion. «Je m'y entends, jouvenceau! Je suis docteur en philosophie», s'exclame l'inconnu. «Et moi aussi», riposte le petit frère de vingt et un ans qui en paraît seize. Stupéfait, l'homme change de ton. Alors patiemment, avec une inexorable logique, le frère reprend un à un les arguments de son interlocuteur et les retourne contre lui. «Vers la fin de la discussion, raconte un témoin, le mécréant se tut. Il semblait profondément réfléchir». Qui est donc cet apôtre ardent, décrit par le Pape Paul VI comme un «type d'homme auquel nous pouvons conformer notre art de vivre, lui reconnaissant le privilège de l'apôtre Paul de pouvoir dire au peuple chrétien: Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ (1 Co 11, 1)»?"
Très affecté, il se chercha consolation dans la prière de Notre-Dame de Czestochowa. Il eut une apparition de la Vierge qui lui demanda de choisir une des couronnes qu'elle lui présentait, une balnche et une rouge, l'une lui garantisant la pureté l'autre le martyr. L'enfant répondit vouloir les deux et nourrit depuis ce moment un dévotion pour la Sainte Vierge.
Malgré une santé fragile, Raymond Kolbe revêt l'habit franciscain Le 4 septembre 1910 sous le nom de "frère Maximilien Marie". Il est envoyé à l'université grégorienne de Rome étudier la philosophie dont il passera le doctorat en 1915 puis la théologie dont il devient docteur en 1919. Malgré la réticence de Saint François pour les études Maximilen Marie a choisi d'étudier dans le but d'instruire ses semblables et de les sauver. Il a été ordonné prètre en 1918.
Frère Maximilien fonde la "Mission de l'Immaculée" sur cette parole de Dieu au serpent (le diable): Elle (la Sainte Vierge) t'écrasera la tête (Gn 3, 15 - Vulgate). Il désire la conversion de tous les pécheurs, car le saint ne dira jamais «sauver des âmes», mais «toutes les âmes».
Maximilen Kolbe est tuberculeux et n'a plus qu'un poumon depuis l'âge de 20 ans. Vers la fin de 1919, son état de santé inquiète ses supérieurs. On l'envoie à Zakopane se soigner, près de la frontière tchècoslovaque, dans un sanatorium qui manque de prètre. Il gagne les coeurs et les esprits. Beaucoup se convertissent.
Le Père inaugure une série de "causeries apologétiques", sur l'existence de Dieu et la divinité du Christ. L'amour qu'il manifeste pour la vérité transparaît dans une lettre écrite à son frère Joseph: «De nos jours, le plus grand poison est l'indifférence».En 1927, le Père Maximilien fonde Niepokalanow (littéralement: la cité de l'Immaculée). Le couvent comptera jusqu'à mille religieux. La presse lui apparaît un outil privilégié et il lance la revue "Le Chevalier de l'Immaculée". Grâce à Soeur faustine,il achète une vieille machine à imprimer... dont il convertit le propriétaire (*). En 1939, son tirage atteindra un million d'exemplaires.
- «Avez-vous de l'argent ? demande le Père provincial
- Non.
- Savez-vous le japonais?
- Non.
- Avez-vous, du moins, des amis là-bas, quelque appui?
- Pas encore, mais j'en trouverai, avec la grâce de Dieu»..
Le Père part en 1930 avec quatre frères pour le Japon. Ils parviennent à créer la "Mugenzai no Sono" (le jardin de l'Immaculée). Deux ans après, il repart pour fonder aux Indes. Exténué et miné par la fièvre, l'apôtre de Marie Immaculée rentre en Pologne en 1936.
La guerre éclate en Septembre 1939. Saint Maximilien poursuit son apostolat en redoublant d'ardeur : «Si le bien consiste en l'amour de Dieu et en tout ce qui jaillit de l'amour, le mal, dans son essence, est une négation de l'amour». Voilà le vrai conflit. « Deux amours ont fait deux cités: l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste» (Saint Augustin Cité de Dieu, XIV, 28).
Le 17 février 1941, la Gestapo l'arrête et le frappe violemment en tant que religieux et prêtre puis il est déporté au camp d'Auschwitz.
Il confesse malgré l'interdiction et la menace de représailles. Il explique un jour à un malade: «La haine n'est pas une force
créatrice. Seul l'amour est créateur. Ces douleurs ne nous feront pas plier, mais elles doivent nous aider, toujours davantage, à être forts.». Il fait découvrir l'expérience du mystère pascal, où la souffrance vécue dans la foi se transforme en joie. «Le paradoxe de la condition chrétienne éclaire singulièrement celui de la condition humaine: ni l'épreuve ni la souffrance ne sont éliminées de ce monde, mais elles prennent un sens nouveau dans la certitude de participer à la Rédemption opérée par le Seigneur et de partager sa gloire» (Paul VI, Exhortation Apostolique sur la joie chrétienne, 9 mai 1975).
À la fin de juillet 1941, un prisonnier du bloc 14, celui du Père Maximilien, s'est évadé. Le chef de camp avait prévenu que, pour chaque évadé, dix hommes seraient condamnés à mourir de faim et de soif. Un des malheureux désignés pour la mort s'écrie: «Oh! ma pauvre femme et mes enfants que je ne reverrai plus!» Alors le Père Maximilien se fraie un chemin et sort des rangs.
«Je voudrais mourir à la place d'un de ces condamnés», et il désigne celui qui vient de se lamenter.
«Qui es-tu?» demande le chef.
«Prêtre catholique», répond le Père. Car c'est comme prêtre catholique qu'il veut donner sa vie. L'officier accepte la proposition (*).
Il se passe quelque chose d'inhabituel dans la cellule où sont enfermés les otages. Au lieu des cris de détresse habituels, ce sont des chants qu'ils entendent. La présence du Père Maximilien a changé l'atmosphère. Seul le Père Maximilen Kolbe survit encore à la veille de l'Assomption. Il tend son bras aux gardiens qui viennet l'achever d'une piqûre de phénol.
Son corps fut incinéré dans les fours crématoire.
François Gajowniczek que sauva le Père Kolbe survécut à la guerre. Il fut présent lors des cérémonies de canonisation.
Un site dédié au père Maximilen Kolbe.
Il existe de nombreux sites, et je tiens à signaler particulièrement celui-ci dont je me suis servi pour ce post.
L'article de l'encyclopédie Wikipédia
15:30 Publié dans Témoignage chrétien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, christianisme, religion, foi, spiritualité, eglise
dimanche, 21 octobre 2007
Franz Stock

Le Père Jean Pihan (1) a rendu hommage à Franz Stock lors de la messe célébrée à Saint-Louis des Invalides le 3 juillet 1949 : "Mes camarades, mes frères, quelle leçon tirerons-nous de la vie trop courte et du sacrifice de notre frère Franz Stock ? Une seule, me semble-t-il, une seule qui résume tout : comme nous pouvons nous sentir fiers d'être chrétiens ! Nous pouvons être fiers à la pensée qu'au milieu des atrocités de cette guerre, le christianisme a permis ce miracle permanent qu'était la présence bienfaisante d'un abbé Stock".
Franz Stock a témoigné que la foi sublime la culture et les racines sans pour autant les renier.
Il fut aumonier allemand à Paris dans les prisons de la Santé, de Fresnes et du Cherche Midi auprès des Français - otages ou résistants - condamnés à mort. Il les a accompagnés et soutenus jusqu'au moment de l'exécution, cachant dans sa soutane les courriers qu'ils lui confiaient, se faisant leur confident et leur messager.
Ayant vécu la tragédie des Français auprès d'eux sous l'occupation, il a partagé le sort des Allemands dans la défaite.
Fait prisonnier à la libération. Il s'est occupé de la formation des séminaristes allemands prisonniers dans un camp près d'Orléans, le "séminaire des barbelés". Il lança un appel à la sainteté comme consignes pastorales à ses séminaristes peu de temps avant sa mort : "Un nombre de saints voulus par la Providence suffira à sauver notre époque. Des saints qui se donneront tout entier à cette tâche et transformeront en vertu les valeurs de notre temps. (...) Des saints qui sachent concilier leur attachement à leur patrie avec l'amour de l'humanité entière, au-delà des frontières de pays, de nations, de races ou de classes."
Il est mort subitement le 24 février 1948, seul, en France. Il repose près de son séminaire, veillé dans le souvenir des Français et des Allemands qui lui sont reconnaissants pour son action au service de l'Homme et de la Paix. Il avait présenti qu'il fallait transgresser la haine et les discours officiels pour se réconcilier. Son courage fut d'agir en ce sens. "Il n'y a pas de bonne pensée si elle ne se traduit pas en parole, pas de bonne parole si elle ne se traduit pas en action" Chesterton.
Franz Stock était devenu compagnon de Saint François après sa rencontre avec Joseph Follier. Il avait été un des premiers Allemands a intégrer ce mouvement de réconciliation des peuples, bien avant la guerre.
Ce destin nous appelle à réfléchir sur les limites du lien national. Il s'impose objectivement à l'homme par le hasard de la naissance (2). La foi, elle, est en revanche le résultat d'une démarche subjective, choisie. Franz Stock nous interroge en fait sur la validité de la prééminence de l'objectif sur le subjectif, de l'imposé sur le choisi, du matériel sur le spirituel, de l'immanence sur la transcendance. C'est le choix entre l'utile et le juste.
Franz Stock témoigne du caractère universel de la foi catholique.
A voir : la page web qui lui est consacrée sur le site des Vocations du diocèse de Paris.
Un article de Wikipedia sur Franz Stock est en ligne ici
Bibliographie :
René Closset : "L'aumonier de l'enfer" Editions Fayard 1992 ISBN 111013-054 (il contient de très belles lettres d'Etienne d'Orves et de ses compagnons - les dernières - p. 95-96).
Raymond Loonbeek : "Franz Stock, la fraternité universelle" Editions Salvator ISBN 978-2-7067-0484-0 (présentation ici)
DVD : "Le séminaires des barbelés" Editions Jade (présentation ici) Le narrateur de ce documentaire est Michaël Londsdale.
(1)" Le père Jean Pihan, membre des fils de la charité, ordre dépendant de la mission de France pour les paroisses ouvrières et le tiers monde, est décédé le 2 août à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Il a été enterré hier après-midi. Dès 1936, il s’investit, comme jeune prêtre, dans les Coeurs vaillants. Il poursuivra, toute sa vie, sa mission en milieu ouvrier. Ce qui lui vaudra d’être incarcéré en 1943, à Fresnes, par les nazis. En 1956, il transforme les Coeurs vaillants en Action catholique de l’enfance " (L'Humanité du 9 août 1996)
(2) A l'exception de la demande de naturalisation. Est-il plus légitime de revendiquer un pays par le seul fait d'y naître - confer la formule de Proudhon sur l'héritage - ou par l'effort d'y être venu ? Par la sueur versée aujourd'hui comme le sang d'hier ? Le hasard serait-il plus légitime que la volonté ? Si oui, c'est dire que seules les fortunes provenant du jeu sont respectables.
Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N'est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé
Pascal Bonetti
14:25 Publié dans Témoignage chrétien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, religion, christianisme, france, allemagne, paix
vendredi, 12 octobre 2007
Le tiers ordre
Une curiosité que l'on ignore peut être, la présence de laïcs dans les familles monastiques. C'est un engagement personnel dans les ordres. Il peut s'agir d'un ami ou d'un voisin de travail que l'on côtoie sans le savoir.
Les franciscains, les dominicains, les cisterciens, et bien d'autres (1), ont chacun créé un tiers ordre dans lesquels des laïcs s'engagent à vivre dans le respect de règle de l'ordre tout en choisissant de rester dans la société civile, gardant leur travail, qu'ils soient célibataires ou mariés.
Pourquoi tiers-odre ? Parce qu'il s'agit du troisème que saint François d'Assise a créé, après le permier ordre, celui des relgieux et le second celui des religieuses avec Sainte Claire.
Une personne illustre parfaitement cet engagement sans qu'il ne soit précisé si elle appartenait au tiers ordre. Il s'agit de "Frère Jacqueline", qui repose aujourdh'ui à côté de Saint François à Assise.
Un document format Pdf présente plus en détails le tiers odre franciscain, pour plus d'informations, cliquer ici
Le Tiers-Ordre franciscain est appelé : Ordre franciscain séculier (OFS), en France on l'appelle la Fraternité séculière de saint François
(1) Qu'ils m'excusent de ne pas les citer tous. Je complèterai la liste pour ceux qui le demanderont.
15:05 Publié dans Vocations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, religion, evangelisation, mission, spiritualite, foi, christianisme
mercredi, 12 septembre 2007
Saint Leopold Mandic
| La vie de Saint Léopold MANDIC est caractérisée par le contraste entre sa faiblesse physique et sa force spirituel. Il est né le 12 mai 1866 en Dalmatie. A l'âge de 16 ans, il a quitté la Dalmatie pour entrer étudier chez les capucins dont il devient novice le 20 avril 1884. Après des études ecclésiastiques à Venise et padoue, durant lesquelles il se sent appelé à prier et à travailler à l'unité de l'Eglise, il est ordonné prêtre le 20 septembre 1890. | ![]() |
Malgré son désir de la mission il est obligé, à cause de sa faiblesse physique, de rester à Padoue où il devient un confesseur et un directeur spirituel pour de nombreuses personnes. En 1936, il déclare : « Je serai missionnaire ici, dans l'obéissance et dans l'exercice de mon ministère. Tout homme qui demande mon ministère sera mon Orient. »
![]() | Rapidement, le Père Léopold est devenu réputé pour sa bonté et sa douceur, ainsi que sa sûreté dans les conseils spirituels. Une dévotion intense envers la Sainte Vierge l'anime, et l'amène à conclure souvent les confessions en prononçant simplement le nom de Marie. |
Un jour, le père Léopold passait tout seul dans une ruelle de Padoue. Dans la même rue, il y avait un groupe de gamins qui ne savaient comment passer le temps. Quand arriva le frère, il leur vint une idée : ils ramassèrent des cailloux et les lui fourrèrent dans le capuce ; ce qu'ils arrivaient très bien à faire, le père Léopold étant petit de taille. De plus, il ne réagissait pas !
Un docteur, ami et pénitent du père Léopold, les prit sur le fait. Il commençait à les gronder sévèrement ; mais le saint l'arrêta : « Laissez-les s'amuser, docteur, laissez-les ! Il faut bien que je serve à quelque chose, moi aussi. »
Il mourru le 30 juillet 1942. Il fut canonisé en 1983 par le Pape Jean-Paul II et est devenu le saint du dialogue catholique-orthodoxe.
Saint Leopold Mandic est un des cinq saints particulièrement vénérés au séminaire français de Rome, et dont des reliques ont été déposées dans la pierre 'autel de la chapelle le 25 mars 2004.
14:05 Publié dans Témoignage chrétien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capucin, christianisme, dialogue, religion, catholique, orthodoxe
mercredi, 22 août 2007
Le diaconat
On parle de la crise des vocations.
C'est faux.
Des études de sociologie récentes démontrent qu'il y a un regain de religiosité, surtout chez les jeunes (1).
Il suffit de considérer l'engouement des jeunes lors des JMJ à Paris ou la foule considérable qui s'est rassemblée à Rome pour les obsèques de Jean Paul II pour s'en convaincre.
Les travaux précités portent une critique intéressante sur la nature de la religiosité. Il s’agit pour beaucoup d’une religiosité individualisée. Le rappel de l’importance de la liturgie et de l’eucharistie par l’Eglise confirme qu’il faut pallier cette tendance dont elle est consciente comme en témoigne une analyse sur le risque de dérive faite par le Père dominicain Vernette (2)
Si l'Eglise manque de prètres, les fidèles doivent s'interroger sur leur responsabilité. Il ne suffit pas de critiquer l'institution. Elle ne peut offrir que ce qu'elle reçoit.
Comme John Kennedy (3) le catholique doit chercher ce qu'il peut apporter à l'Eglise avant de se plaindre.
A-t-il bien élevé ses enfants dans la foi, aurait-il accepté que l'un d'eux devienne prètre, religieux ou religieuse ?
L'ignorance de la richesse de l'Eglise est peut être aussi une cause.
Les voies pour s'engager dans l'Eglise sont nombreuses.
Combien sont ceux cependant qui souhaiterait servir l'Eglise en étant persuadé qu'il ne le peuvent pas ou plus ? Les engagements familiaux ne sont pas des obstacles. Comment se pourrait-il ? Au contraire puisque l'Eglise encourage à fonder une famille.
Le diaconat est ouvert à tous les hommes célibataires ou mariés. Peu de gens le savent.
Combien de communautés qui se plaignent de ne pas avoir de prètre ont pensé à éveiller en leur sein la vocation d'un diacre ?
C'est aussi une voie à explorer.
(1) " La fin du déclin religieux ? " Yves Lambert Revue SCIENCES HUMAINES
" Depuis quelques années, on observe un regain d'intérêt inattendu pour les pratiques et les croyances religieuses. Une tendance qui n'est pas propre à la France mais qui y revêt des traits spécifiques. Après le net déclin du religieux,* observé à partir du milieu des années 60, nous assistons depuis quelques années à une évolution en sens inverse. C'est ce que laissent du moins apparaître les résultats des enquêtes par sondage et spécialement des enquêtes " Valeurs " (Enquêtes sur les valeurs des Européens) effectuées en 1981, 1990 et 1999 …"
Surprise, l'enquête " Valeurs " de 1999 apporte de sérieuses nuances à la dominante de déclin de 1990 /(voir les chiffres clés p. 40, les graphiques p. 19 et 41)
Egalement un article paru dans :
" Les jeunes européens et leurs valeurs " Editions la Découverte – Recherches - ISBN 2-7071-4570-X
Chapitre 2 : Un regain religieux chez les jeunes d’Europe de l’Ouest et de l’Est, par Yves Lambert - L'évolution religieuse des jeunes de 1981 à 1999 en Europe occidentale - Le jeu des âges et des générations : une nouvelle donne - Désormais trois tendances en Europe de l'Ouest : la sortie de la religion, le croire sans appartenance et le réveil du chrétien interne - Une remontée religieuse plus nette en Europe de l'Est et en Russie - Un renversement de tendance également dans d'autres domaines
Conclusion : un tournant dans l'évolution religieuse des jeunes Européens
(2) " Le nouveau paysage religieux en Europe à l’orée du 3ème millénaire " Conférence donnée à Avila Assemblée générale de l’IEOP (Provinciaux dominicains d'Europe. Avril 2002)
(3) "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays!"
Lire aussi :
Homélie de Monseigneur Vingt Trois
Présentation du diaconat permanent
Voir également :
Photos de l'ordination diaconale de deux diacres permanents par Monseigneur Vingt Trois à Notre Dame de Paris.
19:05 Publié dans Vocations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eglise, catholique, religion, christianisme, spiritualité, vocation
dimanche, 17 juin 2007
Ce dimanche 17 juin 2007
Jean Christophe Bertrand est membre de la Communauté de l'Emmanuel.
Il témoigne de la compatibilité de la foi avec la technique et les sciences. Le nouveau diacre est ingénieur diplômé de l'école nationale supérieure d'éléctronique de l'institut national polytechnique de Grenoble.
" La Foi et la Raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. C'est Dieu qui a mis au coeur de l'homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître Lui même afin que, Le connaissant et L'aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui même."
Lettre encyclique FIDES et RATIO
Cette ordiantion s'est déroulée le même jour où le pape célébrait à Assise le 800 ème anniversaire de la conversion de saint François d'Assise.
























